Au troisième jour du séminaire de renforcement des capacités des partenaires médias et de la société civile consacré à l’appropriation du Plan stratégique triennal 2026-2028 de l’Inspection Générale des Finances (IGF), l’ancien ministre et député national honoraire Lambert Mende Omalanga est intervenu sur le thème : « Organisation politique et administrative de la RDC : regard rétrospectif sur les rapports entre les trois pouvoirs ».
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Dans son exposé, Lambert Mende a retracé l’évolution institutionnelle de la République démocratique du Congo, rappelant qu’après la période de transition, le pays s’est doté d’une nouvelle Constitution adoptée par référendum en 2005 et promulguée en 2006, avant d’être révisée en janvier 2011 pour répondre à certaines contraintes non prévues par le constituant initial.
L’orateur a mis en avant le principe fondamental de la séparation des pouvoirs consacré par la Constitution congolaise. Selon lui, les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire disposent de mécanismes de contrôle réciproque inspirés de la doctrine des « checks and balances », conformément à la célèbre formule de Montesquieu selon laquelle « le pouvoir arrête le pouvoir ».
Il a expliqué que le système institutionnel congolais repose sur une séparation souple des pouvoirs, illustrée notamment par l’initiative législative partagée entre le Gouvernement et le Parlement, la possibilité pour le Président de la République de solliciter une seconde lecture des lois adoptées ainsi que la participation conjointe du Chef de l’État et du Parlement à la désignation des juges de la Cour constitutionnelle.
Des défis persistants pour l’État de droit
Malgré ce cadre constitutionnel, Lambert Mende a reconnu que la RDC peine encore à réunir les conditions nécessaires à son plein développement. Il a notamment relevé les difficultés auxquelles fait face le système judiciaire, souvent critiqué pour son manque d’indépendance et d’impartialité.
Sans remettre en cause l’intégrité des magistrats, il a souligné que l’insuffisance des ressources budgétaires allouées à la justice contribue à fragiliser le fonctionnement des juridictions et à compromettre certains principes fondamentaux, notamment la présomption d’innocence et le respect du contradictoire.
L’ancien porte-parole du Gouvernement a également évoqué les défis rencontrés par les institutions provinciales dans le cadre de la décentralisation, confrontées aux antagonismes communautaires et à la corruption. Il a salué à cet égard l’appel du Président Félix Tshisekedi à revitaliser la décentralisation afin d’améliorer l’efficacité des institutions publiques.
L’IGF, un acteur de la bonne gouvernance
Lambert Mende a rendu hommage aux institutions qui contribuent à l’amélioration de la gouvernance publique, citant particulièrement l’Inspection Générale des Finances. Selon lui, l’IGF a su introduire dans la gestion publique congolaise des valeurs susceptibles de favoriser un développement autocentré et durable.
« Les institutions, notamment l’Inspection Générale des Finances, ont introduit dans la gouvernance institutionnelle congolaise des valeurs porteuses d’un développement autocentré. Il convient dès lors de les encourager dans cette mission essentielle », a-t-il déclaré.
Un appel à l’innovation et à l’engagement collectif
En conclusion, Lambert Mende s’est montré optimiste quant à l’avenir du pays malgré les nombreuses crises auxquelles il demeure confronté. Il a encouragé la poursuite des initiatives de réflexion stratégique et de renforcement des capacités, à l’image du séminaire organisé par l’IGF.
Évoquant la pratique du « brainstorming », il a invité les participants à se libérer des préjugés, des déterminismes et des idéologies paralysantes afin de construire librement l’avenir de la nation.
« Ce pays nous appartient. Il nourrit l’ambition légitime d’accéder un jour à l’émergence, au progrès et au développement durable. Cette aspiration doit guider notre engagement collectif et inspirer chacune de nos actions au service de la Nation », a conclu Lambert Mende.
Soixante-six ans après l’indépendance et trente ans après la première agression armée rwandaise sur son territoire, la République démocratique du Congo demeure confrontée à de nombreux défis. Pour l’ancien ministre, le renforcement des institutions et le respect de l’équilibre des pouvoirs constituent des leviers essentiels pour relever ces défis et consolider l’État de droit.
Charles Muzadi






