LUSAKA, Zambie — La deuxième réunion de coordination du Corridor de Lobito a été marquée par une importante session consacrée aux investissements dans les infrastructures. À cette occasion, le ministre congolais des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a présenté une vision ambitieuse pour faire évoluer cet axe stratégique en un véritable corridor de développement intégré et multisectoriel.
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Dans son intervention, le ministre a appelé à un changement d’échelle dans la conception du Corridor de Lobito. Selon lui, celui-ci ne devrait plus être considéré comme un simple projet d’interconnexion ferroviaire, mais comme une plateforme stratégique capable de soutenir durablement le développement économique de la République démocratique du Congo et de la région.
De l’interconnexion ferroviaire à un corridor de développement
John Banza Lunda a notamment plaidé pour le reformatage du Corridor de Lobito, avec l’objectif de passer d’une infrastructure essentiellement dédiée au transport ferroviaire à un corridor intégré associant plusieurs secteurs.
Cette nouvelle approche devrait permettre de renforcer l’industrialisation, l’intégration économique régionale et la sécurité alimentaire, tout en s’inscrivant dans les ambitions de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et dans une perspective de développement urbain durable.
Pour la RDC, le Corridor de Lobito représente ainsi un levier important pour améliorer la connectivité des territoires, faciliter la circulation des personnes et des marchandises et favoriser l’ouverture des bassins économiques nationaux aux marchés régionaux et internationaux.
Un dispositif institutionnel en cours de consolidation
Le ministre des Infrastructures et Travaux publics a également évoqué les avancées enregistrées sur les plans institutionnel et opérationnel.
Parmi celles-ci figurent le partenariat ferroviaire autour de l’axe Sakania-Tenke-Dilolo, la création d’un comité technique interministériel dédié au Corridor de Lobito, ainsi que l’élaboration en cours du plan directeur de développement du Corridor sur le territoire congolais.
Ces différents mécanismes doivent permettre de mieux coordonner les interventions des institutions publiques et des partenaires autour des infrastructures nécessaires au développement de cet axe.
Trois axes d’investissement prioritaires
Dans sa présentation, John Banza Lunda a également insisté sur la nécessité de développer une approche intégrée des infrastructures.
L’un des objectifs prioritaires consiste à assurer une interconnexion directe entre le réseau ferroviaire et le réseau routier national, afin de garantir une continuité de service optimale sur l’ensemble de la chaîne logistique.
Le maillage routier stratégique et structurant figure ainsi parmi les priorités évoquées. Il doit permettre de renforcer la complémentarité entre le rail et la route et d’améliorer la desserte des zones économiques situées le long du corridor.
La modernisation urbaine, notamment à travers la voirie et les édifices publics, constitue le deuxième axe mis en avant. Le troisième concerne l’ingénierie technique, notamment avec l’appui du Projet d’appui à la connectivité et au transport (PACT) financé par la Banque mondiale.
Un appel aux partenaires financiers
Face à l’ampleur des investissements nécessaires, le ministre congolais a lancé un plaidoyer auprès des principaux partenaires financiers et institutionnels.
John Banza Lunda a notamment appelé la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD) et l’Union européenne (UE) à accompagner davantage la RDC afin de transformer les orientations définies autour du Corridor de Lobito en réalisations concrètes.
L’enjeu, selon cette vision, est de passer des engagements et des projets à des infrastructures effectivement réalisées, capables de produire un impact direct sur la mobilité, le commerce, l’industrialisation et le développement des territoires.
Un corridor au cœur de l’intégration régionale
Avec cette nouvelle orientation, la RDC entend positionner le Corridor de Lobito comme un instrument majeur de son intégration économique régionale.
Au-delà du transport des minerais, l’ambition affichée est de faire de cet axe un véritable corridor économique, reliant infrastructures, production, échanges commerciaux, zones urbaines et bassins de population.
La réussite de cette transformation dépendra toutefois de la mobilisation des financements, de la coordination entre les différents États et institutions concernés ainsi que de la concrétisation des projets d’infrastructures identifiés.
Pour Kinshasa, le défi consiste désormais à traduire cette vision stratégique en réalisations tangibles sur le terrain, afin que le Corridor de Lobito devienne un véritable moteur de développement et d’intégration économique pour la RDC.
Francine Mulumba






