Au Forum régional multipartite sur les technologies et l’avenir du travail en Afrique, organisé les 16 et 17 octobre 2026 à Cotonou, le Directeur général de l’Office national de l’emploi (ONEM), Me Fanon Beya Ngombe, a mis en avant l’expérience de la République démocratique du Congo (RDC) en matière de digitalisation des services de l’emploi. Son message : faire du numérique un levier concret de rapprochement entre les demandeurs d’emploi et les employeurs, tout en renforçant la coopération entre les pays africains.
Contact Rédaction : +243898888208 temp26cd@gmail.com
La République démocratique du Congo entend accélérer la modernisation de son marché du travail grâce aux nouvelles technologies. C’est le message défendu par Me Fanon Beya Ngombe, Directeur général de l’ONEM, lors du Forum régional multipartite sur les technologies et l’avenir du travail en Afrique, tenu à Cotonou, au Bénin, à l’initiative de l’Organisation internationale des employeurs (OIE) et du Conseil national du patronat du Bénin (CNP-Bénin).

Intervenant dans le panel consacré au thème « Du cadre à l’usage : ce que les technologies changent dans les entreprises africaines », le responsable congolais a présenté la digitalisation comme une réponse aux défis structurels de la RDC, notamment l’immensité de son territoire et la nécessité de faciliter l’accès aux opportunités professionnelles.
« Le Congo, comme vous le connaissez, c’est un pays-continent, c’est un pays aux grands défis. Pour pallier tous ces défis, il fallait passer par la vitesse de la lumière. Aujourd’hui, c’est l’intelligence artificielle, ce sont les nouvelles technologies », a expliqué Me Fanon Beya Ngombe.
La digitalisation, un levier de modernisation du service public de l’emploi
Au-delà de l’adoption des outils numériques, l’expérience congolaise présentée à Cotonou repose sur un objectif essentiel : rendre le marché du travail plus accessible et améliorer la mise en relation entre les compétences disponibles et les besoins des entreprises.
Pour l’ONEM, la transformation numérique doit permettre de réduire les contraintes géographiques, de faciliter la circulation de l’information sur les opportunités professionnelles et d’améliorer l’efficacité de l’intermédiation entre les demandeurs d’emploi et les employeurs.
« La RDC est dans la dynamique de faciliter l’intermédiation, c’est-à-dire rapprocher le plus possible les demandeurs d’emploi et les employeurs, à la vitesse de la technologie, à la vitesse de la digitalisation », a souligné le Directeur général de l’ONEM, précisant que l’expérience partagée est une réalité vécue sur le terrain.
La portée de ce message est stratégique : dans un contexte africain marqué par les défis de l’insertion professionnelle, la digitalisation des services de l’emploi peut contribuer à mieux connecter les compétences aux besoins du secteur productif. Elle appelle également à adapter les méthodes traditionnelles d’accompagnement aux nouvelles exigences d’un marché du travail en pleine mutation.
Plus de 5 000 jeunes formés aux fondamentaux de l’emploi
La contribution de la RDC s’appuie également sur des actions de renforcement des compétences. En partenariat avec l’Organisation internationale des employeurs, le pays a contribué à la formation de plus de 5 000 jeunes aux fondamentaux de l’emploi, notamment dans les domaines de l’entrepreneuriat et du numérique.
Cette initiative souligne l’importance de préparer les jeunes aux transformations du monde professionnel. La maîtrise des outils numériques, le développement de l’esprit entrepreneurial et l’acquisition de compétences adaptées aux besoins des entreprises constituent autant de leviers susceptibles de favoriser l’employabilité.
À travers cette expérience, le message porté par Me Fanon Beya Ngombe dépasse ainsi la seule modernisation administrative. Il met en évidence la nécessité d’articuler innovation technologique, développement des compétences et accès effectif aux opportunités professionnelles.
La coopération africaine au cœur du message congolais
À Cotonou, la RDC n’a pas seulement cherché à valoriser ses avancées. Elle a également exprimé sa volonté de tirer profit des expériences développées dans d’autres pays afin d’améliorer ses propres mécanismes d’intervention.
« Il est toujours important de savoir ce que font les autres dans le secteur de l’emploi, parce que tous les services publics d’emploi sont régis par les normes de l’Organisation internationale du travail. Le Congo doit rester au standard de tout ce qui se passe dans le monde entier », a déclaré le Directeur général de l’ONEM.
Cette démarche traduit une vision fondée sur le partage des connaissances, l’apprentissage mutuel et l’alignement sur les standards internationaux. Elle conforte également l’importance de la coopération régionale pour permettre aux services publics africains de l’emploi de mieux répondre aux mutations économiques et technologiques.
L’intérêt accordé à la Déclaration de Cotonou s’inscrit dans cette perspective : transformer les échanges du forum en pistes d’action susceptibles de renforcer les dispositifs nationaux et d’encourager une approche plus concertée des défis de l’emploi sur le continent.
La RDC défend une vision concrète de l’avenir du travail
En portant la voix de la RDC à ce rendez-vous régional, Me Fanon Beya Ngombe a défendu une orientation claire : le numérique et l’intelligence artificielle doivent servir les populations, et non constituer de simples outils de modernisation.
L’enjeu consiste à faire de l’innovation un instrument d’amélioration des services publics, d’élargissement de l’accès aux opportunités professionnelles et de rapprochement entre les compétences et les entreprises.
À Cotonou, l’expérience congolaise a ainsi alimenté la réflexion africaine sur l’avenir du travail en mettant l’accent sur trois priorités : la digitalisation de l’emploi, le renforcement des compétences des jeunes et la coopération entre les pays.
Un message qui place la transformation numérique au cœur des réponses à apporter aux défis de l’emploi en Afrique, avec une ambition centrale : convertir les avancées technologiques en solutions concrètes pour les travailleurs, les entreprises et les économies du continent.
Charles Muzadi






