La Belgique hausse le ton après la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), annoncé à Goma le 12 octobre. Par la voix de son vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, Bruxelles dénonce le choix de l’ancien président Joseph Kabila de s’engager dans une dynamique politico-militaire et appelle à privilégier le dialogue pour résoudre la crise en République démocratique du Congo.
La Belgique a fermement condamné, ce mercredi 21 octobre 2026, la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), mouvement politico-militaire associé à l’ancien président congolais Joseph Kabila. Réagissant à cette initiative, le vice-Premier ministre belge et ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a qualifié cette évolution de « très préoccupante », dénonçant sans équivoque le recours potentiel aux armes pour accéder au pouvoir.
Pour le chef de la diplomatie belge, le choix de Joseph Kabila, ancien chef de l’État ayant lui-même connu les conséquences des rébellions armées, est « déplorable, incompréhensible et inacceptable ». Il estime que la violence ne saurait constituer un instrument légitime de conquête du pouvoir politique dans un État souverain.
Bruxelles met en garde contre les conséquences d’une nouvelle rébellion
La Belgique avertit qu’une nouvelle escalade militaire ne ferait qu’aggraver les souffrances des populations congolaises, déjà éprouvées par les conflits armés et l’instabilité sécuritaire. Maxime Prévot appelle ainsi les acteurs concernés à privilégier les voies pacifiques et à renoncer à toute initiative susceptible de compromettre davantage la stabilité du pays.
Cette prise de position intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par la recherche de solutions diplomatiques à la crise sécuritaire dans l’est de la RDC. Bruxelles insiste notamment sur la nécessité de préserver les acquis des processus de paix de Doha et de Washington, de respecter le cessez-le-feu, d’honorer les engagements pris et de garantir la protection des civils.
Le FRN revendique la continuité des engagements de l’AFC/M23
Annoncé le 12 octobre à Goma, le Front pour la refondation de la nation affirme vouloir mettre fin à ce qu’il qualifie de « tyrannie », tout en évoquant le recours à différents moyens d’action, y compris la force.
Au lendemain de son lancement, le mouvement a également affirmé reprendre l’intégralité des droits, obligations et engagements de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), notamment ceux souscrits dans le cadre des négociations de Doha.
Cette revendication renforce les enjeux diplomatiques autour de la nouvelle configuration politico-militaire et soulève la question du respect des engagements liés aux processus de paix en cours.
Le dialogue, seule voie privilégiée par Bruxelles
En condamnant l’orientation du FRN, la Belgique réaffirme son soutien à une résolution pacifique de la crise congolaise. Pour Maxime Prévot, le recours aux armes ne peut conduire durablement ni à la paix, ni à la stabilité, ni à la démocratie.
Cette déclaration constitue une prise de position diplomatique importante après l’annonce du mouvement de Joseph Kabila. Elle place au centre du débat la responsabilité des acteurs politiques et militaires face aux conséquences de leurs choix sur la sécurité des populations et l’avenir du processus de paix en République démocratique du Congo.
La Rédaction






