La Société Congolaise des Postes et Télécommunications (SCPT) traverse une nouvelle zone de turbulences. Ce lundi 22 juin, l’intersyndicale de l’entreprise a déclenché un mouvement de grève au siège national situé sur le boulevard du 30 Juin à Kinshasa, sur fond de revendications liées notamment aux arriérés de salaires, à la gouvernance de l’entreprise et au respect des engagements sociaux.
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Les représentants syndicaux évoquent notamment dix-sept mois d’impayés, le non-respect du protocole d’accord signé entre les parties, une gestion qu’ils qualifient d’opaque ainsi que des allégations portant sur la vente du patrimoine de la SCPT. Ils réclament également le départ de l’actuelle Direction Générale.
Cependant, selon les informations recueillies par Temperature26.cd auprès de la partie employeur, plusieurs mécanismes de dialogue étaient déjà engagés afin de trouver des solutions concertées aux préoccupations soulevées.
La Direction Générale met en avant les efforts déjà consentis
La Direction Générale affirme avoir répondu à l’ensemble des préoccupations formulées par le banc syndical et rappelle que le protocole d’accord signé en février dernier demeure en cours d’exécution.
Malgré un contexte économique difficile, la Direction soutient poursuivre le paiement progressif des rémunérations selon un calendrier arrêté de commun accord. À ce jour, trois paiements auraient déjà été effectués dans le respect du rythme de quarante-cinq jours convenu entre les parties.
Autre élément mis en avant par la Direction : la tenue d’une session économique destinée à examiner les différents dossiers sociaux. Initialement prévue le vendredi 19 juin, cette réunion n’a finalement pas eu lieu à la suite d’une demande de report formulée par l’intersyndicale elle-même.
Dans une correspondance déposée le 18 juin après les heures de service, les représentants syndicaux avaient sollicité un délai supplémentaire pour analyser certains documents. Une requête acceptée par la Direction Générale qui avait alors fixé les nouvelles séances aux 24 et 25 juin.
Une grève lancée malgré les mécanismes de médiation
C’est précisément ce qui suscite l’incompréhension de la Direction Générale. Alors que des échanges étaient en cours et que de nouvelles séances de travail avaient été programmées, le mouvement de grève a été déclenché avant même l’épuisement des voies de concertation prévues par les textes.
Selon plusieurs sources, l’Inspection Générale du Travail s’était également impliquée pour rapprocher les positions et favoriser une issue négociée. Une initiative qui aurait rencontré des résistances du côté de la délégation syndicale avant qu’un retour à la table des discussions ne soit finalement obtenu.
L’Inspection Générale du Travail impose le retour au dialogue
Face à l’escalade des tensions, l’Inspection Générale du Travail a instruit les différentes parties à reprendre les négociations dans un cadre institutionnel.
Une rencontre a finalement eu lieu entre les représentants de la Direction Générale et ceux de l’intersyndicale, ouvrant ainsi la voie à une poursuite des discussions dans un climat que plusieurs observateurs espèrent plus constructif.
Pour de nombreux analystes du secteur public, la priorité reste désormais de préserver la stabilité de la SCPT, entreprise stratégique pour les télécommunications et les services postaux en République démocratique du Congo, tout en garantissant la prise en compte des revendications légitimes des travailleurs à travers les mécanismes légaux de dialogue social.
Dossier à suivre …
Charles Muzadi






