« Le Congo n’est pas pauvre. C’est le Congolais qui a été appauvri. » À travers cette formule forte, Ekila Bolua Zacharie, Coordonnateur national du Mouvement citoyen 4C, livre un message de rupture avec les discours qui présentent le changement de la République démocratique du Congo comme la seule responsabilité des dirigeants.
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Dans une adresse aux Congolais, le responsable du 4C place au centre du débat une notion qu’il considère comme déterminante : la conscience citoyenne. Son message se veut à la fois un réquisitoire contre les pratiques qui fragilisent la société congolaise et un appel à la responsabilité individuelle.

« Le sauveur du Congo, c’est le Congolais lui-même »
Pour Ekila Bolua Zacharie, l’attente permanente d’un dirigeant providentiel constitue l’un des obstacles au véritable changement du pays.
« Pendant 65 ans, nous attendons un Moïse. Un sauveur. Un Président qui va tout changer », déclare-t-il, avant de soutenir que la transformation de la RDC ne peut être durable que si elle repose d’abord sur l’engagement des citoyens.
Cette vision s’appuie sur un constat largement partagé dans le débat public congolais : la RDC dispose d’importantes ressources naturelles et humaines, mais peine encore à convertir suffisamment ce potentiel en amélioration concrète des conditions de vie de sa population.
Le Coordonnateur national du 4C interpelle ainsi directement ses compatriotes sur les contradictions entre les richesses du pays et certaines réalités sociales, notamment l’accès à l’électricité, la sécurité alimentaire et la gouvernance.
Des richesses considérables face aux défis du quotidien
Dans son message, Ekila Bolua Zacharie cite plusieurs ressources stratégiques de la RDC, notamment l’eau, les forêts, l’or, le diamant et le cobalt.
Son interrogation est volontairement provocatrice : comment un pays disposant d’un immense potentiel hydraulique et de vastes terres arables peut-il continuer à faire face à des difficultés importantes en matière d’électricité et d’alimentation ?
Au-delà des ressources naturelles, il estime que le véritable enjeu se trouve dans la capacité des Congolais à construire une culture de responsabilité.
Pour lui, les difficultés du pays ne peuvent être attribuées uniquement à une quelconque fatalité. La corruption, la fraude, l’incivisme et le détournement des biens publics sont également pointés comme des comportements qui participent à l’affaiblissement collectif.
« Mon frère n’est pas celui qui parle ma langue »
L’un des axes majeurs du message concerne la question de l’unité nationale.
Ekila Bolua Zacharie dénonce ce qu’il considère comme une instrumentalisation des appartenances communautaires. Il cite plusieurs identités linguistiques et culturelles présentes en RDC pour illustrer, selon lui, la tendance à placer l’appartenance tribale au-dessus de l’identité nationale.
Son message est sans ambiguïté : l’identité congolaise doit primer sur les divisions communautaires.
« Mon frère n’est pas celui qui parle ma langue. Mon frère est celui qui partage ma souffrance et mon Congo. »
Cette conception est résumée par le slogan central de son intervention : « Congo Égal Congolais, Congolais Égal Congo ».

À travers cette formule, le responsable du 4C défend une vision de la citoyenneté fondée sur l’égalité, la solidarité nationale et le partage équitable des ressources du pays.
De Beni à Kinshasa : une même valeur pour chaque Congolais
Pour donner une dimension concrète à son propos, Ekila Bolua Zacharie évoque notamment l’enfant de Beni confronté aux violences des ADF et celui de Kinshasa qui poursuit sa scolarité.
Selon lui, l’unité nationale doit se traduire dans les faits par une même considération accordée à chaque citoyen, indépendamment de son origine géographique ou communautaire.
Il établit également un lien entre les richesses des différentes provinces et le bien-être collectif. Le diamant extrait au Kasaï, affirme-t-il dans son message, doit pouvoir contribuer à améliorer les conditions de vie d’une mère vivant dans l’Équateur.
Cette approche traduit une revendication plus large : celle d’une solidarité nationale autour des ressources et des opportunités économiques de la RDC.
La lutte contre la corruption commence aussi par le citoyen
Autre volet important de son intervention : la responsabilité individuelle dans la dégradation du fonctionnement de la société.
Ekila Bolua Zacharie ne limite pas la corruption aux hautes sphères de l’État. Il invite également les citoyens à examiner leurs propres pratiques quotidiennes.
Frauder l’électricité, jeter des déchets dans les cours d’eau, donner de l’argent à un agent public pour contourner une règle ou accepter de petits arrangements sont, selon lui, autant de comportements qui contribuent à fragiliser l’État et la collectivité.
Son raisonnement repose sur une idée simple : l’État est aussi le reflet du comportement de ses citoyens.
« Si tu es corrompu, le Congo est corrompu. Si tu es propre, le Congo est propre », soutient-il.
« Le changement ne viendra pas du Palais de la Nation »
Pour le Coordonnateur national du 4C, la transformation de la RDC ne doit pas être envisagée uniquement à travers les institutions nationales.
« Le changement ne viendra pas du Palais de la Nation. Il viendra de notre avenue. Il viendra de notre discipline », affirme-t-il.
Cette déclaration constitue l’un des passages les plus politiques de son message, tout en recentrant son discours sur la participation citoyenne.
Le Mouvement 4C est ainsi présenté par son responsable non comme une structure recherchant prioritairement des postes, mais comme une initiative destinée à promouvoir une nouvelle génération de citoyens engagés.
Un appel particulier à la jeunesse congolaise
Ekila Bolua Zacharie adresse également un appel direct à la jeunesse.
Il l’exhorte à dépasser la simple dénonciation sur les réseaux sociaux pour privilégier la formation, le travail et l’engagement citoyen.
« Tu n’es pas le futur du Congo. Tu es le présent du Congo », lance-t-il aux jeunes.
Cette formule résume sa volonté de faire de la jeunesse non pas une catégorie appelée à attendre son tour, mais un acteur immédiat du changement social et économique.
Aux parents : transmettre l’amour du Congo avant celui de la tribu
Les parents constituent la deuxième catégorie directement interpellée.
Ekila Bolua Zacharie leur demande d’éduquer leurs enfants dans le respect de l’ensemble des communautés congolaises. Il met particulièrement en garde contre la transmission des préjugés et de la haine tribale au sein des familles.
Pour lui, l’éducation citoyenne constitue une composante essentielle de la construction de la Nation.
Aux dirigeants : « Le pouvoir n’est pas un butin de guerre »
Le message s’adresse enfin aux responsables politiques et institutionnels.
Le Coordonnateur national du 4C affirme ne pas considérer le mouvement comme un adversaire des dirigeants. Il présente plutôt les citoyens comme des « miroirs » capables de rappeler aux détenteurs du pouvoir leurs responsabilités envers la population.
Son message aux gouvernants est particulièrement fort : le pouvoir ne doit pas être considéré comme une récompense ou un butin, mais comme une mission au service de la Nation.
Un serment pour une nouvelle citoyenneté congolaise
En conclusion, Ekila Bolua Zacharie invite les Congolais à prendre un engagement personnel en faveur du pays.
Le serment proposé repose sur trois principes : refuser la trahison, refuser la division et placer le service de la Nation au-dessus de l’intérêt individuel.
Cette conclusion donne au message une dimension à la fois citoyenne et mobilisatrice, avec une formule qui résume toute sa démarche :
« Je suis le Congo, et le Congo c’est moi. »
À travers cette adresse, le Coordonnateur national du Mouvement citoyen 4C entend donc replacer la conscience, la responsabilité individuelle, l’unité nationale et le patriotisme au cœur du débat sur l’avenir de la République démocratique du Congo.
Son message se termine par un appel à un Congo « un et indivisible » et à l’émergence d’un Congolais libre et conscient.
Charles Muzadi






